Une note de musique est par essence orpheline puisque à peine jouée déjà remplacée par une autre. Pourtant, lorsque nous écoutons une œuvre, au lieu d’une succession de notes isolées dénuées d’intérêt musical, nous percevons le mouvement d’une mélodie. L’oreille sait lier les sons isolés qui seraient monotones si elle ne les percevait que dans leur apparition séquentielle ; elle offre ainsi une durée à des fulgurances sonores sinon vouées à l’oubli.